Rituels

approche, blog

img_20170507_003310J’ai allumé une bougie en souvenir d’un décès qui a eu lieu il y a un an. Je le ferai peut être pour les deux ans, ou peut être pas, je ne sais pas.

J’ai allumé la petite bougie intuitivement sans avoir mis une alarme pour me souvenir de la date, j’y ai pensé le matin, tout simplement.

Parfois il m’arrive de le faire sans raison précise, juste parce que j’ai envie et parce que je pense à quelqu’un avec qui j’ai envie de partager un petit bout de lumière. Ce n’est pas un rituel religieux ou un rituel codifié, c’est un moment de retrouvailles par le biais d’une petite lueur qui brille jusqu’à faire son petit bonhomme de chemin et jusqu’à s’éteindre en douceur.

Certains vont avoir envie d’ouvrir un album photo ou d’écouter une musique qui reconnecte à des souvenirs, de mon côté, j’ai eu envie d’allumer cette petite lumière et c’est ce que j’ai fait, sans me poser plus de questions que ça.

La réaction ne s’est pas faite attendre et l’un de mes enfants m’a demandée « ça fait un an qu’elle est morte ? déjà ? J’ai l’impression que ça fait à peine quelques jours… », puis le silence.

« On ferme les yeux des morts avec douceur c’est aussi avec douceur qu’il faut ouvrir les yeux des vivants » Jean Cocteau

Ce bref instant leur aura permis de se reconnecter en conscience à un souvenir, à une absence et à une présence subtile, peut-être, mais dans tous les cas, ils ont pu se connecter à leurs émotions, et de mon côté, j’ai observé.

Au final, ce moment aura été un peu comme quand on regarde une « plaie » sur un corps, suite à une blessure qui a fait mal voire très mal et que l’on regarde par pur « hasard » pour voir où en est la cicatrisation.

Parfois, une « plaie » doit être surveillée de très près, surtout s’il y a un risque d’infection et donc un risque réel pour la personne. A contrario, s’il n’y a eu aucun symptômes cliniques tels que la douleur, la rougeur ou la fièvre, il est possible de faire les premiers soins pour ensuite laisser le corps gérer, en douceur.

Pour un deuil c’est pareil, s’il n’y a rien de « symptomatique » et de visible de l’extérieur nous pouvons tout de même accompagner et observer, sans pour autant appuyer sur la plaie avec un cynique « tu as maaaaal ? ».

Le fait de continuer à avancer normalement en parlant de tous les sujets y compris de la mort permet à chacun de vivre ses sentiments et ses émotions car elles ont besoin d’exister et d’être vécues.

Cette habitude d’allumer un cierge, une bougie ou même une simple bougie chauffe-plat est peut être un héritage de la culture mexicaine qui me porte, dans laquelle on a l’habitude d’honorer un souvenir plus que de pleurer une absence.

Ainsi, les « rituels » quels qu’ils soient peuvent permettre aux uns et aux autres d’avancer dans le deuil, à des rythmes différents. Libre à chacun de les inventer et de les vivre quand et comment il le souhaite.

A bientôt, 

Armelle

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