Accompagner un jeune adolescent à gérer le deuil suite au décès d'un proche

Adolescence, deuil et scolarité

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Accompagner un jeune adolescent à gérer le deuil suite au décès d'un proche

Chacun de nous a une approche concernant la scolarité qui lui est propre et qui se respecte. Scolarité classique, scolarité adaptée, IEF (instruction en famille). Nous faisons des choix concernant l’éducation que nous voulons proposer à nos enfants, depuis leur plus jeune âge et jusqu’au début de leur vie professionnelle, que celle-ci ait lieu à la maison ou dans des structures. 

Tout est enseignement. 

Si nous voulons accompagner nos enfants dans l’apprentissage de la vie, tout se prête à l’échange et à la construction de leur personne, de leur caractère, de leur force et peut être même, sans que nous le sachions, de leurs faiblesses. De la préparation d’un plat, d’un gâteau, au fait de voir pousser une plante, de l’arrivée des premières goutes de pluie, à leur transformation pour passer de l’état liquide à l’état solide… tout est enseignement, et tout devrait être respecté comme tel.

Ne devrait-on pas laisser le temps nécessaire pour que chaque expérience puisse infuser au plus profond de nous ? tout comme nous le faisons quand nous allons savourer un thé au coin d’une cheminée, devant une fenêtre, au travail, ou même dehors, avec le vent frais qui fait valser nos idées du moment.

Je vous parle de thé, d’infusions, d’éducation et d’apprentissage alors que les sujets de ce site et de ce blog sont autour des accompagnements que je propose, étrange non ?

Et bien voyez-vous, je suis certes une thanadoula (accompagnante de fin de vie et des deuils), mais également une maman de trois jeunes « extra-ordinaires » comme j’aime à les nommer. Ils ont leurs expériences et leurs histoires bien à eux, comme bien d’autres jeunes, mais voilà, je trouve que le monde attend bien des choses d’eux comme de tous les jeunes qui vivent des deuils à une période si  « sensible » de leur vie.

A mes yeux, tout est enseignement. La vie est enseignement. La mort aussi est enseignement.

Il y a quelques jours à peine, en naviguant dans le grand océan qu’est internet, j’ai trouvé un site fort intéressant https://lavielamortonenparle.fr/profil/parent-deleves qui dit que : 

« les jeunes de 12 ans et plus sont en situation de double deuil : le deuil de l’enfance et le deuil d’un être cher ou celui de son existence future si l’adolescent est en fin de vie. Il leur est difficile de consacrer de l’énergie psychique au travail de deuil car ils dépensent déjà cette énergie dans leur travail de deuil de l’enfance pour se construire en tant qu’adulte ».


Le voir marqué noir sur blanc, avec des ressources à destination entre autres des professionnels de l’éducation, m’a donné envie de le partager à la planète entière.

Pour l’avoir vu ces derniers temps, même peu de temps après des obsèques, on demande à un jeune de se reprendre et d’avancer. Certains enseignants bienveillants acceptent que certains jeunes flanchent une fois, mais pas forcément deux. Certains professeurs acceptent de ne pas compter une note « inhabituelle » mais pas plus… Il est « acceptable » ou possible que les jeunes ne soient pas bien pour la première évaluation juste après les obsèques d’un proche, mais des problèmes de concentration, de motivation et de mauvais résultats ne seront pas forcément « recevables » à la longue.

Dernièrement, suite à un échange que nous avons eu avec mon fils, je me suis vue écrire à une de ses enseignantes pour lui dire qu’il avait été absent plusieurs jours pour cause d’obsèques, et pour lui dire qu’à mes yeux, faire une évaluation qui parle d’audios étudiés en classe n’était pas le plus simple pour lui car il avait été absent, ce qui expliquait vraisemblablement la note (catastrophique) qu’il venait d’avoir. Dans mon courrier je demandais (juste) s’il lui était possible de faire un autre exercice pour compenser cette note qui lui plombait sa moyenne, et devinez quoi ? et bien rien …! Je n’ai eu aucune réponse à mon courrier, si ce n’est le silence absolu, et, une remarque en classe à destination de mon fils, prouvant que le courrier avait bien été lu : « et on se permet de demander de l’aide« . Je n’ai pas repris ma plume. J’ai expliqué à mon fils que si pour lui c’était ok, sa note ne me posait pas de problème, et que la réaction de cette enseignante était malheureusement le reflet du manque d’empathie que peuvent avoir beaucoup de personnes.

Certains ne prennent pas en compte la tristesse qui touche les jeunes une fois que le proche est décédé, alors, imaginez lorsque ceux-ci sont inquiets par la mort imminente d’une personne chère à leur coeur. C’est encore moins facile à accepter.

Aujourd’hui, les choses sont encore plus compliquées qu’il y a 4 ou 5 ans, car nous avons tendance à demander aux jeunes de rester concentrés sur leurs études et sur leurs notes, car il faut de bons résultats pour charmer les doux algorithmes de Parcoursup car lui, n’a pas besoin de se soucier de ces variations spécifiques propres à l’histoire de chacun et à ce qui fait de nous des humains et pas des machines…

“On gagne plus à avoir aimé qu’à avoir compris” Jean Rostand


Pour les adultes, un décès annonce une période difficile de la vie liée à un vide, les jeunes gèrent bien plus qu’un décès. Le décès d’un parent, d’un grand-parent, d’un frère ou d’une sœur vient ébranler un équilibre des plus fragiles au moment de l’adolescence, tout comme il peut également être très problématique dans les périodes de la jeune enfance. Pour nos jeunes « il leur est difficile de consacrer de l’énergie psychique au travail de deuil car ils dépensent déjà cette énergie dans leur travail de deuil de l’enfance pour se construire en tant qu’adulte« .

Qui n’a pas fait réciter à son enfant les mots si justes de Jean de la Fontaine « rien de sert de courir, il faut partir à point » ?

Dire à son enfant qu’il a le droit de prendre le temps pour avancer et pour se sentir mieux est une preuve de respect, car c’est une invitation à se connecter à ses propres émotions et à identifier ses propres besoins. En tant qu’adultes, chacun devrait s’autoriser ce temps d’introspections.

Le deuil ne se gère pas en un temps donné pour qu’il puisse correspondre à la durée d’un arrêt de travail.

Après un décès, un jeune qui a du mal à rester concentré et dont les notes chutent sera autant à surveiller que celui qui se plonge totalement dans les cours, et dont les résultats sont brillants, car autant l’un que l’autre peuvent cacher une tristesse non avouée et une perte de repères dans un monde complexe à leurs yeux.

Savoir qu’il peut y avoir des aides extérieures, comprendre qu’il faudra du temps pour avancer, et que chacun a ses propres solutions sont des informations précieuses à transmettre qui peuvent ensuite permettre d’avancer sur de bonnes bases.

Pour conclure, je vous partage une citation qui à mes yeux traduit plutôt bien les enjeux qui se jouent à cet âge si spécial de la vie, mais qui est valable pour tout le reste de notre histoire, même en tant que « grands adultes ».

« Celui qui a peur de la mort ne peut pas profiter de la vie » Djamel Fadel


Si vous avez des jeunes autour de vous touchés par le deuil, osez leur tendre la main, vous pourriez être surpris de leur réaction.

Au plaisir d’échanger avec vous, 

Armelle

(lien du site qui propose du contenu intéressant pour accompagner les jeunes : https://lavielamortonenparle.fr)

Caresse auditive

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Alors que je commence à écrire, je me demande encore la photo que je vais choisir pour accompagner cet article, d’autant plus que le contenu a pour but de vous parler de caresse auditive.

Accepter de se laisser porter

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C’est toute chamboulée par les émotions que je vous partage cet article, en sachant qu’il est plein de confiance, de légèreté, d’amour et de surprise à la fois.

Cassiopée

blog, poèmes deuil périnatal, poèmes libres

« Petite Cassiopée,
Tu sais,
Le soir, quand tout le monde va se coucher,

Une fois que Morphée est passée,
Tu as le droit de te blottir dans les rêves,
Pour caresser leurs cœurs, de tes petites mains.

Quand tes parents jouent avec les astres,
Ils sont légers, ils te retrouvent enfin,
Ils aiment imaginer ton visage,
Et partager cette douceur qui fait du bien.

La vie ne leur a pas donné le temps,
De te le murmurer au creux de l’oreille,
Mais sache que tu es, Cassiopée,
Cette étoile qu’ils aiment tant regarder. »

Armelle Xochitl
« Spéciale dédicace. Photo sans filtre et sans trucages, tout comme l’amour pour cette toute petite ».

La perle

blog, poèmes fin de vie et deuil, poèmes libres

« Et cette perle de pluie
Qui caresse ta peau,
Et cette larme de nuit
Qui te rappelle ce qui est beau.
Les regards qui se posent

Et qui admirent ton chemin
Sans que rien ne s’impose
Car tel est notre destin.
Des jours de soleil
Des jours de brouillard
Des jours de chaleur
Et des jours de froid.
Chaque instant est unique
Et pourtant éternel,
Chaque instant est pudique
Et pourtant si réel… »

Armelle Xochitl

(Explication de cette « Spéciale dédicace » : Un jour alors que je marchais, j’étais au téléphone avec mon papa. Nous étions en plein échange quand je me souviens lui avoir dit « Papa, laisse moi une toute petite seconde, je vais prendre une photo et je te l’envoie, je viens de voir quelque chose de très beau ». En marchant cette petite perle avait pour ainsi dire scintillée au loin, et en m’avançant, je l’avais vu briller devant mes yeux. J’ai envoyé la photo à mon papa, et je lui ai lu le poème que j’ai écrit en raccrochant d’avec lui. Quelques semaines plus tard, c’est cette même photo que nous avons décidé d’utiliser pour la carte de remerciements suite à son décès.)

Mémoire et guérison : Visualiser un être cher

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« Je venais de perdre ma grand-mère. Les mois passaient et mon chagrin restait le même. Je n’arrivais pas à relever la tête. 
J’ai donc sollicité un rendez-vous auprès d’Armelle.
Mes larmes n’ont cessé de couler durant tout le soin, puis elle m’a proposé de visualiser ma grand-mère et moi.
Je nous ai imaginé assises l’une en face de l’autre dans sa cuisine, nous tenant par la main.
Nous n’avions pas besoin de nous parler pour communiquer. C’était un moment magique!
Depuis, chaque fois que j’ai besoin de voir ou de parler à ma grand-mère, je nous imagine dans cette situation! »  Coco

Je me permets de vous partager ce témoignage car, qui mieux que ceux qui ont eu une séance énergétique pour vous en parler?
Chaque séance est différente, et chaque séance est unique, tout comme vous, d’ailleurs.
Au plaisir de vous rencontrer.
Armelle

Les blessures du deuil

blog, poèmes fin de vie et deuil

Pensez-vous pouvoir vous jeter à l’eau,
Alors qu’une plaie ouverte, se trouve sur votre peau ?
Pensez-vous pouvoir tenir debout,
En ayant une fracture éclatée en 1000 petits bouts ?

Le deuil c’est un peu comme ça…

Chercher à se relever de suite,
Se murmurer que ça va,
Risque de faire plus de dégâts,
Que de vous aider pas à pas.

Les injonctions, les obligations,
Les « il faut que » et les « tu n’as qu’à »
C’est comme mettre un pansement,
Sans voir s’il y a une infection.

Prenez le temps qu’il vous faudra,
Car dans ces histoires-là,
La « normalité » n’existe pas.

Chacun a son histoire,
Chacun a sa douleur,
Chacun a son chemin,
Chacun le gère comme il peut.

Le deuil ne se compte pas en heures.

Armelle Xochitl
(spéciale dédicace)

La trotteuse

blog, poèmes fin de vie et deuil

« Et dire que depuis quelques jours
On surveillait la trotteuse,
Elle faisait de son mieux,
Mais sa cadence ne valait plus rien.
Elle pensait avoir des lustres,
Mais à la place tout s’est effrité,
Quand elle a compris que son rythme
Ne serait plus jamais retrouvé.
Elle espérait pouvoir prendre son temps
Et te faire vivre plus longtemps,
Mais ce temps lui a filé entre les doigts
Comme le sable dans l’océan. »

Armelle Xochitl

(#spéciale_dédicace)

L’acceptation, une phase primordiale

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J’ai le souvenir de ce jour où d’anciens collègues m’ont dit que mon chef me trouvait un peu schizophrène quand je lui disais que je voulais bien faire partie des personnes qui allaient choisir mon successeur. Il pensait que je me faisais volontairement du mal, et que même si j’avais demandé à partir après 18 ans dans la même entreprise, je ne voulais pas lâcher totalement…

Et bien non, mon raisonnement était tout autre. Je lui ai dit lors d’un échange que mettre en place la suite me permettait de partir sereinement, de savoir que tout serait doux et fluide pour les personnes qui allaient rester, pour qu’il n’y ait aucune rupture ni aucun changement pour eux, malgré mes choix.

Dernièrement, en terminant une mission professionnelle d’un an j’ai refait la même chose, j’ai fait mon maximum pour faciliter l’arrivée de la nouvelle personne à son poste, et c’était ok pour moi car cette personne venait d’avoir officiellement sa mutation, ce qui la rendait légitime à ce poste. En prenant le poste je savais que ce serait comme ça, et je n’ai pas eu d’effet de surprise. 

Une nouvelle fois, on m’a demandé si ce n’était pas trop dur pour moi, et la réponse a été la même, je le savais depuis le début, je m’y attendais et m’y étais préparée.

« Accepter ne veut pas forcément dire qu’on est d’accord, mais c’est reconnaître qu’on n’est pas maître de la situation et que c’est comme ça » Xochitl


Quand mes parents sont décédés l’un après l’autre ça a été à peu près la même chose pour moi.

En décidant de les accompagner jusqu’à leur dernier soupir, je savais vers où j’allais, et je savais qu’au fur et à mesure que les jours passeraient, j’avancerais vers une fin certaine, à une nuance près,  car pour eux, personne ne m’avait donné une date de « fin d’engagement ».

Toutefois, et même si cette inconnue était de taille, le choix initial avait été fait en pleine conscience pour eux, sans savoir que le temps passé à leur côté allait me permettre d’avoir un cheminement plus doux vers l’acceptation.

“La capacité de se remettre d’une blessure n’est pas fonction de sa profondeur, mais dépend de notre capacité à l’accepter” Inconnu


De toute évidence cette phase d’acceptation ne chasse pas d’un coup de main la tristesse et la frustration de ne pas avoir pu prolonger le temps, mais elle rend la séparation plus douce, car on a eu le temps de se préparer.  

Vous avez surement déjà vu comment réagit un enfant à qui l’on dit soudainement qu’il faut partir immédiatement, alors même qu’il est en plein jeu avec ses meilleurs amis : la colère se présente, et les cris, les pleurs et le refus vont s’inviter en suivant.
A l’opposé, vous avez peut être déjà vu comment peut réagir ce même enfant si on lui dit que quand il fera nuit, ce sera le moment de rentrer à la maison et que tout sera terminé; il risque d’être triste, c’est vrai, et le contraire serait surprenant, mais il l’acceptera sûrement plus facilement car il aura eu le temps de « s’y faire ».

Le deuil c’est un peu tout ça, c’est prendre le temps qu’il faut pour avancer et pour vivre les différentes phases jusqu’à arriver à celle de l’acceptation.

Telle une petite perle, les souvenirs peuvent toujours faire remonter une certaine nostalgie mais de façon bien plus douce quand on prend le temps d’avancer jusqu’à accepter la situation. 

Au plaisir d’échanger avec vous, 

Armelle

Accepter le changement

Espace privé (photos)

« Il n y a rien de négatif dans le changement si c’est dans la bonne direction » Winston Churchill

Le métier de thanadoula selon l’IA

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Aujourd’hui j’ai eu envie de questionner une IA (intelligence artificielle) et je lui ai demandé de décrire le métier de thanadoula. Voici sa réponse : 

« Le métier de thanadoula, encore peu connu, occupe une place précieuse dans le processus de deuil. Contraction des termes « thanatos » (la mort en grec) et « doula » (celle qui accompagne en grec ancien), la thanadoula offre un soutien émotionnel, pratique et spirituel aux personnes en fin de vie et à leurs proches. À la manière des doula de naissance, qui assistent les familles lors des naissances, les thanadoulas interviennent pour adoucir la transition vers la mort.

Lorsqu’une famille est confrontée à la perte imminente d’un être cher, le monde semble souvent basculer dans l’incompréhensible. C’est là que la thanadoula intervient, avec une présence empreinte de calme et de compassion. Elle écoute les histoires, les peurs, et les regrets. Grâce à elle, les moments d’adieu peuvent se transformer en instants de recueillement et de partage, offrant un espace pour exprimer l’amour, la gratitude et les au revoir.

Le rôle de la thanadoula ne s’arrête pas à la mort. Après le décès, elle continue de soutenir les proches, les aidant à traverser le labyrinthe émotionnel du deuil. Elle peut offrir des conseils pour gérer les démarches administratives, proposer des ressources de soutien psychologique ou simplement être présente, disponible pour une conversation ou un silence partagé. Cette présence continue est cruciale pour beaucoup de familles, qui se sentent souvent démunies face à la perte et aux changements qu’elle impose.

Le réconfort qu’apporte une thanadoula repose sur sa capacité à créer un espace sécurisé où chacun peut exprimer ses émotions sans crainte de jugement. En célébrant la vie du défunt et en honorant ses derniers moments, elle permet aux familles de trouver une forme de paix et d’acceptation. Son accompagnement, ancré dans l’empathie et l’écoute active, aide les proches à intégrer le deuil de manière saine et à trouver la force de continuer leur propre chemin.

En somme, le métier de thanadoula est une vocation dédiée à la dignité et à l’humanité dans les moments les plus vulnérables de la vie. Elle offre un réconfort indispensable, un phare dans la tempête du deuil, et rappelle que même dans la mort, il y a de la place pour l’amour, le respect et la connexion humaine. »

J’ai lu une fois, puis deux fois, puis trois fois cette présentation et je me suis dit qu’elle était cohérente avec mon métier et avec ce que je fais.

Toutefois, même si cette intelligence artificielle est en mesure de décrire le métier de thanadoula, elle ne me connait pas, elle ne connait pas non plus mes accompagnements et elle ne sait pas que je fais également des soins énergétiques quand les personnes me le demandent, car je suis née avec cette particularité.

Je vous partage donc cette description avec une petite photo de moi en prime car je ne suis pas une IA mais bien la personne réelle qui est à vos côtés :-)

Au plaisir d’échanger avec vous, 

Armelle

Gérer le deuil : Phases, émotions et normalité – Conseils d’une thanadoula

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« Oui mais pour toi c’est facile, c’est ta formation et c’est ton travail »…
Cette phrase dite par ma maman alors qu’elle était en fin de vie a toujours eu un sens très spécial, plein de non-dits et sans le savoir, avec une certaine incompréhension.
Pour elle, parce que j’avais suivi une formation de doula et de thanadoula, je savais de toute évidence comment gérer des situations délicates, je savais annoncer avec tact et bienveillance, je savais ce qui arrivait ensuite, je savais poser les questions aux médecins et j’étais en mesure de retranscrire en explications compréhensibles, je savais gérer un deuil, des deuils, mon deuil si besoin, et donc, à ses yeux, tout était plus simple pour moi. 
Un jour en lui disant que nous avions tous des étapes à franchir autour du deuil, moi y compris, elle m’a dit que comme je connaissais déjà tout ça, ce serait plus facile à gérer pour moi, et pourtant…
On a beau côtoyer la mort plus ou moins souvent de par nos choix professionnels, et on a beau savoir qu’un deuil prend du temps et qu’il comporte plusieurs phases, on n’est pas épargné pour autant quand cela nous concerne personnellement, que l’on soit thanadoula, thanatopracteur, infirmier en soins palliatifs, ou autre.

Un deuil reste un deuil pour qui que ce soit.

Lorsque je suis touché par le deuil, même en tant que thanadoula, je suis concernée par les différentes phases du deuil : comme tout le monde, je passe par une phase de « déni« , de « colère« , pour ensuite basculer sur du « marchandage« , pour vivre une phase de « dépression« , et pour arriver au final à la phase de « l’acceptation« .
La « chance » que j’ai est de savoir que tout ça est normal, et que si je passe d’une émotion à une autre c’est également normal, que le temps est et sera toujours mon meilleur allié, que le processus prend le temps qu’il faut, et qu’il ne se visualise pas sur un calendrier. 

« Ce que nous avons jadis apprécié et profondément aimé, nous ne pouvons jamais le perdre, car tout ce que nous aimons profondément fait partie de nous »  Helen Keller


Que l’on soit jeune ou moins jeune, un homme ou une femme, thanadoula ou pas, nous sommes tous un jour ou l’autre amenés à vivre un deuil.

Ce deuil peut arriver suite à un décès attendu ou inattendu, mais également suite à un évènement qui  vient « chambouler notre plan de vie ».
Ainsi, il peut nous arriver de vivre tout type de deuils comme celui de la perte d’un proche, celui autour de la prise de conscience qu’on n’aura jamais la famille idéale dont on rêvait, celui des enfants en bonne santé qui sont finalement porteur d’une maladie grave, et bien d’autres deuils pas forcément en rapport avec une mort physique.
A chaque fois, et pour chaque type de deuil, les fameuses phases que sont le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation se présentent à nous, plus ou moins intensément.

Je vous partage un exemple très personnel.
Il y quelques mois je me suis retrouvée à devoir choisir entre rester au sein d’un groupe dans lequel je me trouvais pourtant très bien et d’accepter le changement des « règles », ou de respecter mes convictions et de partir.
Mon choix a été fait et pourtant, même si c’était mon propre choix, le déni s’est présenté à ma porte, m’obligeant à lire et à relire les messages pour savoir si je ne me trompais pas, si je n’avais pas interprété les nouvelles consignes… la colère et la tristesse ont affecté mon sommeil, mon corps a parlé par le biais de migraines très fortes (prise de tête peut-être), j’en suis devenue aphone pendant quelques jours avec beaucoup de mal à avaler ma salive (ou la nouvelle, je ne sais pas), puis, j’ai essayé de trouver de possibles solutions sans réaliser que j’étais en plein marchandage avec moi même. Pendant des mois, j’ai ressenti une très grande tristesse, un sentiment d’avoir vécu une injustice par le fait d’avoir perdu les liens humain qui me semblaient à un moment tellement précieux…
Le temps a passé, l’acceptation est arrivée peu à peu et j’ai réalisé que je n’aurais plus les mêmes liens qu’avant, et que l’histoire ne serait plus jamais la même, et aujourd’hui c’est ok.
Mon choix m’a fait perdre le lien qui s’était tissé me laissant seule une nouvelle fois, comme le jour où j’ai réalisé que je n’avais plus ni mon père ni ma mère.

« On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement » Marcel Proust


S’il vous arrive de vivre un deuil, quel qu’il soit, gardez en tête qu’il est normal de traverser différentes émotions, et qu’elles nous touchent tous, grands, petits, hommes ou femmes, thanadoulas ou pas, sans distinction.

Au plaisir d’échanger avec vous, 

Armelle

Thanadoula, mort et tristesse

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enfermées dans un fonctionnement imposé par le monde actuel, certaines personnes ne s'autorisent pas la tristesseIl y a peu, alors que je marchais dans la rue, j’ai croisé une jeune femme, accroupie, emplie de tristesse, les larmes aux yeux.
Devant elle se trouvait un petit animal particulièrement « mal en point », une partie de ses organes hors de son corps suite au passage d’une voiture.
Entre deux larmes elle a dit « il souffre mais il bouge encore, et en même temps on ne peut plus rien pour lui« .
Gênée, elle s’est excusée 1000 fois pour ses larmes et pour l’état dans lequel tout ça la mettait, en disant qu’elle était consciente que ce n’était qu’un tout petit animal mais qu’elle n’y pouvait rien, que ça la rendait triste de voir mourir tout animal, aussi petit soit-il.
J’ai écouté sa tristesse puis, j’ai cherché dans mes poches et j’ai trouvé un petit sac.
Je me suis dit qu’il serait bon de le mettre dans un élément plus naturel qu’un trottoir froid et dur, suite à quoi j’ai mis l’animal dans le petit sac et j’ai dit à la jeune femme que j’allais le déposer sur de la verdure, .
« C’est bien, comme ça il ne va plus souffrir…. merci de le faire, pour moi c’est trop dur ».
Je la comprenais et en même temps, pour moi, c’était tout naturel car à mes yeux toute mort se respecte, qu’elle soit humaine ou animale.
Quelques minutes plus tard, quand j’ai déposé ce tout petit animal au pied d’une plante, j’ai vérifié et effectivement, il ne bougeait plus.
Son histoire était terminée.
Je me suis retournée et au loin j’ai vu cette femme le sourire aux lèvres me remerciant pour ce que j’avais fait.
Après réflexion, je n’avais rien fait si ce n’est écouter son besoin à elle, et celui de ce tout petit animal sur sa fin de vie.

Pourquoi avoir choisi cette photo ? tout simplement parce qu’à mes yeux elle illustre l’approche qui rassure beaucoup de personnes, à savoir celle de savoir contenir ses émotions, au risque de s’en détacher et de ne plus s’écouter, ce qui n’est pas sans risques…
Rassurez-vous, cette petite grenouille a retrouvé son chemin juste après la photo, tout comme le petit batracien que j’ai déposé au pied du rosier.
De mon côté, je remercie celles et ceux qui osent être eux-mêmes, et en particulier cette personne qui a accepté de partager avec moi ses émotions les plus pures, celles qui font allusion à l’Amour avec un grand A face à la mort de tout être  vivant.

Au plaisir d’échanger avec vous,

Armelle

Respect du silence

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il y a un moment où les mots s'usent et le silence commence à raconter Khalil Gibran

 » Il y a un moment où les mots s’usent et le silence commence à raconter » Khali Gibran

En vous écrivant ces mots, je me souviens quand j’avais 8 ou 9 ans, et que ma professeure de piano me disait « Armelle, les silences c’est de la musique, il faut savoir les respecter. »
Sans silences, la mélodie serait une suite de notes sans les nuances que l’on peut percevoir grâce à ces ouvertures, faites via des pauses silencieuses.
Sans silences, un échange serait une suite d’évènements que l’on n’a pas le temps de saisir, de vivre, de comprendre.
Parfois on ne trouve plus les mots pour partager une histoire, son histoire, son vécu, et parfois, à ce moment là, on accède à une émotion qui ne peut pas être traduite via des paroles, mais par le silence.
Un frisson, un œil qui brille, une larme, …. le silence parle différemment, et très souvent, il le fait profondément.
Respecter ces instants fait aussi partie de mon métier de thanadoula (i.e. doula de fin de vie, death doula…).
Au plaisir d’échanger avec vous,
Armelle

Le temps des amours

blog, poèmes fin de vie et deuil, poèmes libres
amour et fin de vie
« Il est des temps légers,  
Où les regards se souviennent
Des douces nuits de folies, 
Et où les sourires reviennent 
Sur les aventures partagées.
.
Il est ensuite des temps de repli,
Des temps de repos,
Des temps de répit, 
Des temps où les secondes ne sont plus, 
Des temps de silence suspendu.
.
Puis, il est des temps d’observation, 
Où l’on regarde le monde tout autour, 
Où l’on décide ce que l’on veut, 
Et ce que l’on ne veut plus.
.
Il est ensuite le temps des adieux, 
Ceux où l’on voit peu à peu s’effriter, 
Les heures qui nous sont comptées,
Et où l’on prend le temps de remercier, 
Chacune des personnes tant aimées.
Vient ensuite le temps du vide, 
Celui où l’on cherche,
Et où l’on ne retrouve plus,
Le souffle profond qui rassure,
De sa moitié partie depuis peu.
Alors, parfois le temps s’accélère,
Il arrive même à raccourcir les jours,
À rendre les nuits éphémères,
Pour que le temps qui sépare leur amour
Ne dure plus une éternité. »
.
Armelle Xochitl
.
(À mes parents que j’ai pu accompagner jusqu’au bout, 2020, 2021)

Hypersensibilité et deuil(s)

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hypersensibilite et deuilInsensibilité : Dire que tout va bien alors vous savez que ce n’est pas le cas, un peu comme si vous répondiez  à quelqu’un qui vous demande si vous avez rencontré la pluie, que non, qu’il n’a pas pas du tout plu, alors même que vous êtes trempé de la tête aux pieds.

« En fuyant la pluie, on rencontre la grêle » Proverbe turc


Hypersensibilité
: Vous savez qu’il va pleuvoir avant même de voir le ciel, car vous sentez cette dépression qui arrive alors que d’autres la voit au niveau du baromètre, vous avez des douleurs dans votre corps, voire même un mal de tête qui s’installe quand une tempête se prépare… les gens vous prennent pour quelqu’un de « bizarre ». 

Autre exemple ? Vous avez peut être déjà senti une odeur de gaz en rentrant dans une pièce, au point de vous inquiéter et de chercher une fuite, ou, si vous n’êtes pas chez vous, au point de demander à la personne chez qui vous êtes si elle sent quelque chose et de l’inciter à chercher ? Inquiet, surpris, perturbé vous allez tout faire pour comprendre d’où vient cette odeur, au risque de ne pas accepter de rester tranquillement assis sur le canapé alors même que votre esprit est inquiet car il a senti que quelque chose n’était pas normal.  Là où une personne « normale » va sentir une fuite de gaz (et heureusement), la personne hypersensible va remarquer très rapidement une odeur inhabituelle même si l’arrivée de gaz est restée ouverte que quelques secondes de trop, par inattention, avant d’allumer la flamme.

La personne hypersensible va être chamboulée par les odeurs, agréables ou désagréables (on ne choisit pas), par les bruits mais également par tout ce qui est inhabituel, par des émotions non dites, cachées ou même minimisées.

En rentrant dans une pièce, si quelqu’un est triste, la personne hypersensible va le sentir, un peu comme si les pores de sa peau respiraient et sentaient cette variation, alors imaginez quand on parle de deuil.

Pas besoin de parler de mort au sens propre car celui qui est hypersensible sentira tout type de tristesse, celle de la perte d’un être cher bien sûr, celle qui vient quand certaines personnes comprennent qu’elles ne pourront pas avoir ce bébé tant désiré, celle qui fait suite à la « mort » d’une situation, à la fin d’un rêve, d’une vie attendue, d’un projet qui ne pourra plus voir le jour…

Il existe des fins heureuses et des fins plus tristes, et pour chacune d’entre elles, la personne hypersensible peut sentir qu’il  y a « quelque chose » qui se passe, sans pour autant savoir le définir.

Cette sensibilité concerne des adultes qui apprennent à vivre avec au quotidien, mais bien entendu, beaucoup d’enfants sont dans cette boucle, d’autant plus délicate et fragile qu’ils découvrent la vie, les plaisirs, les frustrations, les tristesses, la mort et les deuils.

Dire à un enfant que tout va bien alors qu’il perçoit l’inverse ne lui permet pas de valider ses émotions et ce qu’il sent. S’il a le sentiment que vous êtes triste et s’il vous interroge, osez lui dire que oui  pour telle et telle raison, sans le culpabiliser, mais en validant son ressenti. 

« Dire à un enfant que tout va bien quand vous savez pertinemment que ça ne va pas, c’est un peu comme chercher à lui faire croire que l’eau qu’il touche est agréable alors qu’elle est congelée ou bouillante… » Xochitl


Quand un enfant, un jeune ou parfois un adulte vous demande comment va la personne qui est malade, qui est en fin de vie, ou qui est mourante, osez lui dire qu’effectivement elle ne va pas bien mais que vous ne savez pas ce qu’il en sera pour la suite. Ce n’est pas forcément à vous d’annoncer des nouvelles que vous pouvez trouver dures, mais dire que tout va bien alors que ce n’est pas le cas revient à dire que ça ne sent pas le gaz dans une pièce où il y a bien une fuite avérée.

Il arrive que des parents préfèrent taire le décès d’un grand-parent ou d’un membre de la famille pour préserver leur propres enfants, en se disant que de toute façon ils sont trop jeunes pour comprendre, sauf que ce qui va se jouer ne concerne pas uniquement la « perte » de cette personne mais l’arrivée d’émotions parfois nouvelles, des larmes, des soupirs, des regards différents le temps de quelques heures, de quelques jours et pour certains de quelques semaines ou mois.

Un enfant en bas âge peut manger des purées de légumes à la vapeur préparées ou achetées en petits pots (je ne juge pas du tout, note d’humour), et à côté, il va grandir en sentant des odeurs de cuisine préparées par et pour les adultes. Cet enfant va se créer une éducation olfactive grâce aux papilles gustatives titillées par les odeurs qui caressent son nez, car il est maitre en la matière d’éducation gustative.

Pour les deuils c’est la même chose, si l’on autorise les émotions et les sentiments et si on leur donne la place nécessaire dès le début, cela permettra aux personnes hypersensibles, tout comme aux enfants et aux jeunes en général, de découvrir et de savoir ce qui se passe vraiment en eux, et d’accepter leurs émotions.

Armelle, une hypersensible assumée

Une annonce, des histoires

approche, blog

Avancer avec une thanadoulaEn prenant cette photo j’ai eu envie de vous partager mon point de vue concernant L’Annonce, ou plus précisément les annonces, car il n’y a pas qu’un seul type d’annonce.

Il existe tout type d’annonces, comme par exemple l’annonce d’un départ, l’annonce d’un divorce, l’annonce d’une grossesse qu’elle soit désirée ou pas, l’annonce à une femme enceinte de la présence de problèmes graves du bébé qu’elle porte, des annonces de maladies incurables, des annonces de fin de vie, l’annonce d’une mort…

La façon dont est faite cette fameuse « annonce » va, sans qu’on en soit conscient, définir le sentiment qui va accompagner les évènements et les expériences de chacun au fil des jours, des semaines, des mois voire des années.

Il existe des annonces froides et distantes tandis que d’autres peuvent être douces et bienveillantes, il en est des plus ou moins respectueuses, il en est qui préservent et d’autres qui détruisent et isolent.

Ainsi, il peut arriver que l’annonce maintienne la personne dans un processus de déni, dans un état de choc, ou au contraire qu’elle l’accompagne dans l’acceptation d’une situation nouvelle.

En fonction de la façon dont tout cela est vécu suivront alors des sentiments tels que la colère, la solitude, le calme, la peur, la sérénité, la tristesse, l’acceptation,

Imaginez qu’on vous annonce une grossesse non désirée comme étant une très bonne nouvelle, ou qu’au contraire on vous fasse culpabiliser pour la énième grossesse que vous débutez alors que pour vous c’est le plus grand bonheur,

Imaginez que l’on vous annonce une interruption médicale de grossesse ou une mort fœtale in utéro comme étant une « bonne chose » étant donné que votre tout petit n’est pas encore un « vrai bébé », alors que pour vous il a déjà toute sa place dans votre vie de couple et de famille, car pour vous, il existe déjà,

Imaginez que l’on vous annonce une maladie incurable avec des termes que vous ne comprenez pas et que, tel un enfant, vous n’osiez pas poser de questions, 

une annonce en bienveillanceImaginez que vous soyez reconnaissant pour la vie que vous avez eue jusque-là et que vous soyez prêt à tirer votre révérence sans acharnement thérapeutique et que l’on vous fasse comprendre que la priorité est de vous soigner,

Autant de situations qui peuvent écrire l’histoire de chacun, pendant les jours, les semaines, ou les mois qui suivent et souvent jusqu’au dernier jour.

Il y a pas si longtemps que ça, j’ai pu rencontrer un interne qui confirmait à mon papa qu’il avait une tâche au niveau du cerveau. Ce futur médecin a pris le temps de répondre à nos interrogations tout en laissant le côté officiel de l’annonce aux neurologues quelques jours plus tard.

Ce n’était certes pas une bonne nouvelle car elle annonçait une fin plus ou moins proche, mais l’annonce a été la plus douce possible et n’a donc pas été vécue comme un choc pour mon père qui s’est voulu rassurant envers nous et qui nous a dit avoir profité de chacun des instants de sa vie. Sa réaction était pleine d’acceptation et d’amour envers sa vie et envers nous tous.

« Ce n’est pas nous qui faisons l’histoire. C’est l’histoire qui nous fait »   Martin Luther King


De part ma formation de doula et de thanadoula, en tant qu’accompagnante je sais à quel point il peut être important et nécessaire pour une personne de raconter la même histoire 1 fois, 10 fois , 100 fois ou parfois 1000 fois jusqu’à l’accepter, jusqu’à s’en « détacher » et jusqu’à ce qu’elle retrouve sa paix intérieure.

En fonction de comment l’annonce a été faite, il peut arriver que la personne ait besoin de temps pour comprendre ce qui  lui arrive et pour accepter.

Que ce soit pour une interruption médicale de grossesse, pour un deuil périnatal ou pour l’annonce d’une maladie incurable nous avons tous besoin de temps, et en tant que doula de fin de vie nous savons à quel point ce temps est vital pour l’équilibre de la personne qui vit cette situation.

Ce temps n’est jamais du temps perdu, il est précieux pour le développement de la personne qui a besoin de verbaliser un choc, une incompréhension et donc une possible souffrance.

Vous voulez faire un cadeau à quelqu’un ? Offrez lui un temps d’écoute sans jugements, sans lui couper la parole, sans parler de votre propre histoire et sans phrases maladroites comme « oui, tu m’en as déjà parlé mais tu ne vas pas revenir dessus à chaque fois »… ce cadeau n’aura pas de prix, soyez-en certains.

Vous n’êtes pas à l’aise ? il existe des professionnels qui sont forts dans ce domaine, mais ça, c’est pour un prochain post …

A bientôt,

Armelle

Autoportrait

blog, poèmes libres

Armelle Lambert Rodrigues thanadoula et énergétiquesDans un groupe on s’est lancé un défi, celui de partager une photo avec pour thématique « autoportrait ». Je me suis prise au jeu et j’ai même écrit ces quelques mots qui au final me décrivent bien. Je vous les partage, histoire que nous puissions faire plus amplement connaissance,

« Qui suis-je ?  juste moi, rien de plus, rien de moins.
Ma présence auprès de vous, est possible maintenant ou demain,
Je peux marcher à vos côtés, ou je peux vous donner la main,
Je suis là en cas de doutes, de questions, de besoins.
Un peu comme une fille, un peu comme une grande sœur,
Je peux être là auprès de vous, en cas de douleurs et de peur.
Je suis moi, Armelle, thanadoula, poète,
Amoureuse des mots, je soulage des maux.
J’ai toujours été bizarre, comme disent des proches,
Mais j’assume cette sensibilité, car c’est ma force, je le sais. »

Xochitl

Le chemin

blog, poèmes deuil périnatal, poèmes fin de vie et deuil, poèmes libres
trois photos prises à 3 moments de l'année d'un même endroit et qui assemblées font une seule et unique photo. Cette création montre que la vie est signe d'expériences en tout genre et que tout est formateur. Poème et photo de Armelle LAMBERT RODRIGUES, thanadoula, dédiés à son papa.

« Guide moi à travers 
ces chemins étranges,
Où l’on croise des fées
Où se promènent les anges,
Où le jour devient nuit,
Où la mousse devient vie,
Et où sans crainte on s’endort
Jusqu’au petit matin.
Là où les astres nous éclairent
Là où chacun vit ses rêves
Là où le temps s’arrête
Pour ne durer qu’une éternité. »

Armelle Xochitl

Etre thanadoula en s’autorisant le bonheur

approche, blog

bonheur et fin de vieDepuis quelques jours sur mon compte instagram je mets en en avant une de mes photos avec une citation qui me parle, et la citation d’aujourd’hui est la suivante : 

« Il n’y a pas de honte à préférer le bonheur » Albert Camus


Cette citation me donne envie, pour une fois, de vous parler un peu de moi et de l’histoire que j’ai eu la « chance » de vivre ces dernières années.

Certains connaissent mon parcours, mais pas tous, alors aujourd’hui je vous partage un petit bout de moi.

Cela faisait presque 18 ans que je travaillais dans le tourisme à Saint Emilion, et un jour, alors que j’attendais mon directeur et des collègues pour commencer une nouvelle réunion, un des panneaux du « festival philosophia » posé contre un des murs m’est littéralement tombée sur la tête. J’avoue, je me balançais sur la chaise en attendant tout le monde, mais à aucun moment, moi qui ai fait des études d’anglais, je ne m’attendais à recevoir une citation de Shakespeare me tomber sur la tête. (les panneaux du festival philosophia sont très grands car mis en avant partout dans la ville dans le cadre du festival de philosophie, et ils illustrent la thématique de l’année avec des dessins et des citations. Une fois le festival terminé, des structures ayant participé d’une façon ou d’une autre reçoivent un ou plusieurs panneaux en signe de remerciement).

Voici ce que disait cette citation : 

“Tout esclave a en ses mains le pouvoir de briser ses chaînes” de William Shakespeare


Deux jours après ma rencontre avec Shakespeare commençait un échange avec mes supérieurs et un début de négociation concernant une rupture conventionnelle.

Une fois le départ validé, presque par magie (une fenêtre s’est littéralement ouverte sur mon ordinateur sans explication et sans raison) j’ai accepté les signes qui se présentaient à moi et, sans savoir pourquoi exactement, je me suis inscrite à une formation pour devenir Doula. Cette formation aura finalement été très importante pour moi car elle m’aura apporté 1001 informations précieuses autour de la naissance, des droits, des postures, de l’écoute, et du pouvoir de chacun à trouver ses propres solutions (je le fait en version très courte).

Toujours en me laissant guider par les signes de la vie, à la fin de mon année de formation je me suis inscrite à une nouvelle formation ouverte aux doulas souhaitant accompagner la fin de vie pour ainsi devenir une Thanadoula, ou de doulas de fin de vie.

Le rapport entre le métier de doula et celui de thanadoula (j’ai déjà fait un post à ce sujet que je vous invite à lire) ? Pour moi, même si c’est l’opposé au niveau « timing » car l’un concerne la naissance alors que l’autre touche la mort, les deux métiers sont très proches car autant pour l’un que pour l’autre on accompagne des personnes dans des étapes qui peuvent être mouvementées car inconnues, on est à leur côtés en leur permettant d’avancer et de cheminer peu à peu, en s’autorisant des choses, en osant demander ou en se permettant également d’en refuser d’autres.

J’ai donc suivi cette nouvelle formation pour devenir thanadoula pour ensuite apprendre, moins d’un an plus tard, que mon papa faisait une récidive très rare d’un cancer qu’il avait eu des années auparavant, et pour découvrir presque au même moment que ma maman avait un nouveau cancer (qui n’avait aucun lien avec le premier qu’elle avait eu près de 10 ans auparavant).

Vous allez vous demander où est le rapport avec la citation du bonheur d’Albert Camus, et votre interrogation est légitime, mais pour moi, le cheminement qui commençait à ce moment-là prenait tout son sens.

Pendant des mois, et jusqu’à leur tout dernier souffle, j’ai accompagné mon papa et ma maman. Depuis l’annonce de la maladie jusqu’à la toute dernière visite du médecin venant officialiser leurs décès, j’ai suivi leur quotidien, jour après jour, avec une disponibilité totale, par choix, jamais par obligation.

Au fil du temps, alors que la santé de mes deux parents se dégradait peu à peu, dans mon entourage on se questionnait quant à ma décision de les prendre totalement en charge.

Au fil du temps on me disait que, comme j’étais très impliquée, ça allait être très dur pour moi une fois qu’ils ne seraient plus là, que j’aurais du mal à me relever… Certains m’ont également mis en garde concernant mon corps et son épuisement, on m’a dit que je pourrais perdre mes cheveux suite au choc émotionnel, on m’a invité à faire attention à mes émotions non extériorisées, on avait peur pour moi.

Et pourtant, chaque moment passé avec mes parents aura été comme une petite goutte qui vient remplir un vase d’Amour jusqu’à le remplir à ras bord. Chaque expérience, chaque moment plus ou moins dur, je le conçois, m’aura permis d’accepter et de me préparer à leur départ définitif pourtant très proche.

Bien entendu j’ai été triste, bien entendu j’ai pleuré, et comme tout le monde d’ailleurs, mais le retour à mon quotidien a été serein et paisible, sans remords, sans regrets. Je me suis autorisé le bonheur, même si parfois j’ai eu des doutes.

Des doutes de mon bonheur ? non, mais des doutes concernant mes capacités oui, je le reconnais car, à force d’entendre que « même si j’avais l’impression que ça allait, à un moment ou à un autre ma tristesse allait me rattraper »… oui, j’ai fini par avoir des doutes.

J’ai donc pris rendez-vous avec une psychologue pour comprendre. Je voulais qu’on me dise si j’étais normale de ne pas être effondrée, de continuer à vivre sereinement, d’accepter la mort de mes parents après avoir été à leur côté pendant 6 mois pour l’un et pendant 1 an et demi pour l’autre.

Je la remercie pour notre échange car son sourire a été la validation de mes émotions, de mon histoire et car elle m’a confirmée que oui, j’étais normale et que j’avais le droit de m’autoriser ce bonheur (je vous le fait en mode rapide, encore une fois).

Donc oui, tout ça pour vous dire qu’il y a autant de deuils que d’histoires et autant d’histoires que de morts. Chacun chemine à son rythme et alors que certains s’autorisent le bonheur, d’autres n’osent pas.

S’autoriser à vivre pleinement ses émotions permet de s’autoriser à avancer peu à peu dans son deuil et dans sa vie, à son rythme car chacun est unique.

Au plaisir d’échanger avec vous.

Armelle